petitArriva oggi a Nausika un messaggio da MIchele Petit, la grandissima antropologa francese, tradotta in tutto il mondo e autrice, tra gli altri, di "Elogio della lettura", edito anche in Italia, ospite nel 2010 della giornata LaAV (Letture ad Alta Voce) all'interno di ArezzoFestival scrive (la traduzione alla parte che riguarda LaAV, RIPORTATA IN ITALIANO E IN MAIUSCOLETTO):

Caro Federico,volevo mandarti una parte della conferenza che ho tenuto a Parigi pochi giorni fa di fronte a 500 professori:

"Au moment où j'achevais cette conférence, je suis tombée sur une interview de Philip Roth publiée récemment dans Libération où l'écrivain se dit très pessimiste sur l'avenir des livres et de la lecture : « C'est en premier lieu une question de temps. De combien de temps les gens disposent-ils quand ils rentrent chez eux ? Deux heures, trois heures ? Et là ils sont face à la dictature de l'écran. L'écran de l'ordinateur, l'écran de la télévision, l'écran de l'Ipad. Ces écrans sont plus importants que les livres. Même les livres numériques, je ne suis pas sûr qu'il en restera dans dix ans. Les gens n'ont plus cette « antenne » qui était consacrée à la littérature, elle est remplacée par une antenne électronique (...) Ils ont perdu la faculté de se concentrer sur un livre. Les gens qui lisent vont devenir une secte très réduite. »

Il est vrai que les écrans exercent un empire et qu'on ne lève pas les yeux d'un écran comme d'un livre. Il est vrai que le temps du loisir va diminuant en bien des lieux. Pourtant, au Bengale, par exemple, à la sortie du travail, des centaines de milliers d'employés de bureaux, d'enseignants ou de commerçants se retrouvent pour lire et écrire de la poésie. Les revues s' y comptent par milliers.

Ipshita Halder, une jeune femme qui a lancé l'une d'entre elles, écrit : « ... c'est un style de vie, une éthique de la tolérance et de la responsabilité dans laquelle on doit être complètement impliqué ».

A MIGLIAIA DI CHILOMETRI, C'E', LaAV (lettura ad alta voce) PARTENDO DA AREZZO E POI, IN ITALIA, A VENEZIA, FIRENZE, NAPOLI, UOMINI E DONNE SI RITROVANO QUANDO HANNO TEMPO. DIVERSI L'UNO DALL'ALTRO PER AMBIENTE SOCIALE, PER IL PAESE NEL QUALE SONO NATI, PER GENERAZIONI (MOLTI AVEVANO MENO DI 35 ANNI, QUALCUNO OLTRE I SESSANTA), DIVERSI PER IL LORO ASPETTO ED IL LOOK. SI INFILANO UNA MAGLIETTA CON SCRITTO: "SONO ANTICONFORMISTA, LEGGO" ED ESCONO. NELLE VIE DI AREZZO, QUEST'ESTATE HO VISTO COSI CINQUE RAGAZZI E RAGAZZE, UNA COPPIA DELLO SRI LANKA CON I PROPRI BAMBINI, UNA PERUVIANA E UN EGIZIANO, ENTRARE A SORPRESA NEI NEGOZI O NEI CAFFE' E COMINCIARE A LEGGERE A PIU' VOCI POESIE O STORIE. HO SENTITO CENTINAIA DI PERSONE LEGGERE UNA STORIA DI JEAN GIONO, "L'UOMO CHE PIANTAVA GLI ALBERI", LA STORIA DI UN PASTORE CHE PER TUTTO IL CORSO DELLA SUA VITA, DISCRETAMENTE, LONTANO DAGLI SGUARDI, PIANTA DELLE QUERCIE, DEI FAGGI O DEGLI ACERI.

COLUI CHE HA IDEATO QUESTO GRUPPO, FEDERICO BATINI, E' UN RICERCATORE UNIVERSITARIO CHE VUOLE FARE DELLA LETTURA « QUALCOSA DI FOLLE, DI DIVERTENTE, DI STRANO, LONTANO DALLA POLVERE», MI HA DETTO: «SE VAI AL CINEMA E QUALCUNO ACCANTO A TE COMMENTA OGNI SCENA TECNICAMENTE, TU GLI CHIEDI DI TACERE PERCHE' CON I RAGAZZI E LE RAGAZZE A SCUOLA PRIMA GLI SMONTIAMO LE STORIE E LE POESIE E POI LE FACCIAMO LEGGERE? (...) NON HO MAI PRESENTATO I LIBRI COME UN DOVERE, MA COME LA MIA PASSIONE, COME QUALCOSA CHE HA CAMBIATO LA MIA VITA, CHE MI E' SERVITO, PER ESEMPIO PER CONOSCERE DELLE RAGAZZE... CREDO DI ESSERE RIUSCITO A FAR LEGGERE TANTA GENTE PERCHE' NON HO MAI DETTO CHE BISOGNAVA FARLO, MA HO RACCONTATO LA MIA ESPERIENZA CON I LIBRI, CON LE STORIE.

I RAGAZZI E LE RAGAZZE CHE HO INCONTRATO HANNO CAPITO CHE POTEVANO TROVARE NEI LIBRI TUTTO CIO' CHE TROVAVANO NELLA TELEVISIONE E MOLTO PIU', CON STRUTTURE NARRATIVE BEN PIU' COMPLESSE. E TU LI VEDI CHE POCO A POCO RIMETTONO IN DISCUSSIONE LE LORO CERTEZZE PRECEDENTI, CHE COMINCIANO A COMPRENDERE LE EMOZIONI, IL PUNTO DI VISTA DEGLI ALTRI E CHE PRENDONO IN MANO LA LORO VITA»

Je pourrais vous donner des dizaines d'exemples de passeurs qui, chacun avec sa réflexion propre, font de la lecture un art profondément vivant. Tous savent que c'est une transmission d'expérience qui est à l'œuvre. Transmettre le goût de lire est affaire d'appétence personnelle pour cette activité ; de disponibilité à l'autre, d'observation et d'aptitude à s'interroger sur soi-même, sur ses façons de faire ; de réflexion, de connaissances et d'intuition quand il s'agit de sentir quelles sont les œuvres qui résonneront pour tel ou tel ; mais aussi de qualité de présence, d'énergie, de désir, de vie ; d'habileté à faire retrouver, sous le texte, la voix de son auteur, un rythme, un mouvement, tout un arrière-pays de sensations, d'émotions, un corps.

Un peu partout dans le monde, les gens attachés à l'expérience de la lecture, à celle du contact avec les oeuvres d'art, sont sans doute une minorité, mais c'est une minorité très active et souvent très inventive. En ces temps de grande brutalité, ils préservent des moments de transmission culturelle qui échappent à l'obsession de l'évaluation quantitative et au vacarme ambiant, pour faire vivre un espace de pensée, une dignité et une part de liberté, de rêve, d'inattendu."

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